Teddy Bracard
Photographe animalier depuis 2006 et garde forestier
Depuis une vingtaine d’années, Teddy parcourt les plaines et forêts à la rencontre des animaux. Sa passion pour la photographie animalière est avant tout un hommage à la biodiversité qui nous entoure.
Observer sans déranger
"Le but pour moi, ce n’est pas seulement de faire une belle image, mais c’est de faire une belle image sans déranger les animaux". Pour cela, Teddy se transforme en détective de la nature. "Je vais être comme Sherlock Holmes avec mes petits outils, donc mes jumelles… et puis je vais me trimballer dans la nature pour essayer de comprendre les habitudes des animaux". Tout démarre par l’étude et l’apprentissage du terrain. Il faut observer, repérer et patienter. Teddy apprend à connaître les horaires de sortie, les trajets ainsi que les lieux d’alimentation. "Une fois que j’ai cerné leurs habitudes, je vais aller me placer à l’affût. Donc je vais me mettre en camouflage, je vais attendre à l’orée du bois et puis essayer de capter les scènes dans des comportements naturels".
Des rencontres mémorables
"J’ai beaucoup, beaucoup de souvenirs marquants, parce que pour moi chaque rencontre est synonyme d’une émotion. Je me sens comme un privilégié". Mais s’il ne devait en aborder qu’une, ce serait celle du lynx. "C’est un animal que j’ai cherché pendant des mois dans le Jura. J’ai passé dix mois dans une petite cabane perdue dans la nature, à traquer, pister cet animal-là. Pour moi, c’est comme un fantôme, parce qu’il y a très peu d’indices qui sont témoins de sa présence". Alors que Teddy allait abandonner cette recherche, un lynx est apparu. "En me dépostant et en reprenant le chemin, le lynx est arrivé face à moi, dans une lumière absolument idyllique". C’est donc un moment inoubliable pour lui, gravé à jamais.
Connaitre pour mieux protéger
“Quand on rentre dans le milieu naturel, on n’est plus chez nous, on est dans un autre monde qui ne nous appartient pas.”
"Il n’y a pas besoin forcément de faire des centaines voire des milliers de kilomètres en voyageant pour voir des beautés incroyables". Il souligne l’importance de se rappeler que la richesse des animaux se trouve souvent très proche de chez nous. "On a tous un rôle à jouer pour la préservation de la biodiversité. Le fait de bien connaître, pour moi, ça reste la base des bases". Pour lui, entrer dans la nature demande beaucoup de respect.
La photo dont il est le plus fier et reconnaissant
"Je suis passionné par le cerf,,un animal assez incroyable que l’on peut rencontrer ici, en Lorraine". L’image qui lui est la plus chère à ses yeux représente un cerf photographié à l’heure bleue, après le coucher de soleil. "C’est un animal qui est un peu en minimaliste, à droite de l’image, perdu dans un univers bleu. C’est une image qui m’est chère".
Un regard sensible sur la faune, qui rappelle le travail du photographe animalier Vincent Munier. Originaire des Vosges, il commence très jeune à observer les animaux et à pratiquer l’affût dans les forêts de la région. Sa passion le mène loin, il remporte à deux reprises le César du meilleur film documentaire et se fait connaître grâce à ses images prises avec patience et discrétion. Dans le Grand Est, où les forêts sont nombreuses, les passionnés de nature disposent d’un terrain idéal pour observer la faune sauvage sans la déranger.